Utiliser Twitter en classe : un outil efficace d’apprentissage 2.0 au primaire et au secondaire !

Alors que le célèbre oiseau bleu et ses « gazouillis » se sont fait une place de choix dans la large sélection des médias sociaux existants, de plus en plus d’enseignants québécois font le pas d’intégrer Twitter dans leur classe. En mettant sur pied des projets collaboratifs, à l’image de la Twittérature, ils parviennent à piquer la curiosité des élèves qui s’investissent pleinement dans ces nouvelles activités participatives. Animé par Benoit Petit, conseiller pédagogique RÉCIT au Service national du développement de la personne, l’atelier Twitter en classe: Apprendre avec les médias sociaux a permis aux participants présents de se familiariser avec l’un des médias sociaux les plus populaires de ces dernières années. Dans un second temps, ils ont pu découvrir plusieurs projets mis en place par des enseignants québécois. En effet, les multiples possibilités qu’offre le réseau social en font un outil pédagogique 2.0 de choix !

Par Maroussia Melia

À la découverte de Twitter

Dès les premières minutes de l’atelier, Benoit Petit présente au groupe un schéma animé représentant les jeunes, la société et l’école dans trois bulles distinctes. Au fil de l’animation, les trois sections finissent par s’enchevêtrer et par échanger leurs contenus. Clair et direct, il n’en fallait pas plus pour présenter la question centrale de l’après-midi : est-il possible d’utiliser les médias sociaux, et plus particulièrement Twitter, en classe ? Après un survol des différents médias sociaux populaires (Facebook, Flickr, WordPress, etc.), la première partie de l’atelier se met en place : l’utilisation pratique et concrète de Twitter. Tous munis de leur ordinateur ou de leur tablette, les participants, qui se sont créé un compte avant le début de l’activité, réalisent diverses activités mains sur les touches. À quoi sert le #? Le RT? Comment poster un message privé? Alors que la majorité du groupe semble familière avec l’utilisation du célèbre réseau social, certains découvrent des subtilités d’utilisation et, par exemple, la richesse de la recherche par mot-clef. Une fois l’outil bien en main, il reste à découvrir les usages pédagogiques qui peuvent être faits avec Twitter en classe !

Quelques activités pédagogiques au primaire et au secondaire

Du côté des classes du primaire, où la gestion d’un compte personnel pour chaque élève n’est pas vraiment envisageable en raison de leur jeune âge, de nombreux enseignants ont ainsi créé un compte de classe sous la forme @la classe de Brigitte, par exemple. Ce compte permet aux élèves de réaliser des activités d’écriture, d’échanger avec des intervenants extérieurs ou même avec d’autres classes du monde entier. C’est justement l’idée qu’a eue Brigitte Léonard, enseignante de 1ère année à l’école Fleur-Soleil à Mont-Tremblant, fin 2012. Inspirée par les Doodle de Google mettant en scène le conte du Petit Chaperon rouge, elle a mis en place un projet d’écriture collectif avec 9 classes du primaire au Québec et en Europe. Le but? Réécrire le conte et se l’approprier en collaborant avec d’autres classes! Les Doodle sont les petites animations qui remplacent parfois les lettres de la page d’accueil de Google lors d’événements spéciaux ou commémoratifs.

Après avoir passé une annonce recherchant des participants à l’activité sur Twitter, les classes se sont mises à l’écriture d’une version 2.0 du Petit Chaperon rouge. Motivant et novateur, le projet a permis à différentes classes de collaborer ensemble à l’écriture d’une histoire que les enfants pourront totalement s’approprier (en plus du texte, ils en font également une lecture audio). La version finale est visible sur Youtube.

Capture d’écran du projet (Photo: Brigitte Léonard)

Avec des élèves plus âgés, 5e secondaire, on retiendra notamment l’initiative d’Annie Côté, enseignante à l’école Les Sentiers à Québec, qui a demandé à ses élèves de réaliser certains devoirs via Twitter, soit en 140 caractères. L’exercice est doublement motivant pour les élèves qui en plus d’avoir un (très) court devoir à rédiger, seront lus par d’autres utilisateurs du réseau social. Apparemment facile dans un premier temps, l’exercice exige des rédacteurs en herbe qu’ils soient précis et concis. Avoir le monde comme interlocuteur et sortir des murs de la classe est très motivant pour les élèves, explique monsieur Petit. Et savoir que l’on va être lu pousse à faire plus d’efforts, ajoute-t-il.

Une alternative québécoise

Toutefois, il faut noter que toutes les Commissions scolaires ne sont pas emballées par l’utilisation de Twitter en classe, comme le mentionne une participante. Trop « gros », trop puissant, le réseau social a de quoi inquiéter. Pour pouvoir bénéficier des bienfaits de ces activités, Benoit Petit présente EnDirect, un pendant éducatif de Twitter réalisé par le RÉCIT, axé sur l’éducation uniquement et avec un accès limité aux professionnels en éducation. Les élèves sont invités par leur professeur à utiliser le compte de classe pour participer à diverses activités, comme lors de La soirée du hockey à la Commission scolaire de St-Hyacinthe en 2012 où les élèves ont eu pour tâche de commenter une partie en cours. Chaque classe a encouragé son équipe et a formulé des analyses, commentaires et remarques sur le jeu des joueurs. L’exercice demande de la précision, de l’écoute et de l’analyse. Ce genre d’activité permet de créer des liens avec d’autres classes en échangeant sur le sport. Comme sur Twitter, l’intérêt est double : en plus d’interagir avec d’autres classes, les élèves sont lus par des professionnels en éducation et apportent donc un grand soin à leurs productions écrites. Idem pour le groupe de discussion des élèves de 5e secondaire de l’école Cardinal-Roy « Si j’étais Premier ministre » sur EnDirect.

Au sortir de l’atelier donné par Benoit Petit, on ne peut s’empêcher de penser que l’utilisation d’EnDirect, plus sécurisée, permettrait d’établir un compromis entre les enseignants désireux de se lancer dans des projets participatifs et la direction de leur établissement. En utilisant EnDirect, ils permettraient aux élèves de faire un premier pas vers les médias sociaux, tout en étant encadrés et en restant dans le contexte scolaire. Les multiples exemples présentés par l’animateur ne sont qu’un résumé de ce qu’il est possible de faire avec les réseaux sociaux du type de Twitter. À vos claviers !

La page de l'atelier donné par Benoit Petit

Le projet de La soirée du hockey (éthique)

Un prix pour La soirée du hockey

Le projet du Petit Chaperon rouge 2.0 de Brigitte Léonard 

Annie Côté et ses projets de devoirs sur Twitter :

@AnnieSentiers et @Annierikiki