20 Avril 2016

Pourquoi les TIC en éducation physique et de la santé? Notre expert Joël Bouthillette répond!

Joël Bouthillette, personne-ressource au RÉCIT national du développement de la personne à la Commission scolaire de St-Hyacinthe, nous partage son expertise au regard de l’intégration du numérique en éducation physique (EPS). Un article au contenu musclé pour pédagogues en forme, en deux parties.

Après le reportage offert par Radio-Canada au sujet de l’utilisation du TNI, j’ai eu la chance de m’entretenir avec un passionné de pédagogie.  Tout au long de ce texte, vous pourrez bénéficier de ses conseils et de stratégies efficaces pour intégrer les technologies en EPS.  Merci à Joël Bouthillette pour ce précieux partage.

1- Pourquoi les TIC en EPS?

D’emblée, on s’entend pour affirmer que le gymnase est un lieu d’apprentissage.  L’EPS favorise le développement moteur il va sans dire, mais aussi le développement cognitif, relationnel et émotif. Par contre, les technologies peuvent augmenter ou diminuer le temps actif d’apprentissage en fonction des éléments suivants :

 

  • la qualité des outils
  • le type d’installation
  • la planification de l’utilisation

Allons voir de plus près!

2- Les TIC, une ressource externe

Le TNI est une ressource externe supplémentaire pour l’enseignement et pour aider les élèves à mieux apprendre. Selon les contextes et les intentions, cette technologie sera parfois utilisée comme outil de présentation, de consultation, de régulation, de production ou de planification. Ce n’est pas le TNI qui favorise les apprentissages, mais bien l’utilisation que l’on en fait. Il est donc important d’avoir de bonnes stratégies d’utilisation.

3- Quelques exemples d’utilisations

Utilisé comme outil de présentation, le visionnement de courtes séquences vidéos peut susciter la motivation et l’intérêt chez certains élèves en plus de faciliter la compréhension de différents concepts.

En cours d’apprentissage, les ressources disponibles que les élèves pourront aller consulter au TNI permettront à l’enseignant de varier ses contextes selon les habiletés et les intérêts des élèves. Cela permet aux élèves d’apprendre de façon plus autonome, en allant consulter différentes démonstrations, ce qui rend l’enseignant davantage disponible pour des interventions pédagogiques plus personnalisées et signifiantes. Pendant que la majorité des élèves sont engagés sur le plan moteur, l’utilisation du TNI engage d’autres élèves sur le plan cognitif et même socio-relationnel. Les élèves sont donc constamment engagés pour apprendre.

Plusieurs utilisations permettront aux élèves de prendre conscience de leurs difficultés afin de s’ajuster en cours d’apprentissage par le biais de la capture vidéo et l’analyse d’images. Le mouvement est éphémère, il ne reste donc jamais de traces tangibles d’une production si les TIC ne sont pas mobilisées. L’expression « une image vaut mille mots » est d’autant plus vraie en EPS puisqu’elle permet aux élèves de mieux comprendre l’exécution de certains mouvements. Le TNI permet aux élèves de garder des traces de leurs planifications de stratégies individuelles ou collectives face à un défi à relever par exemple.

 

 

 

 

 

 

Aussi,  pourquoi ne pas l’utiliser à l’occasion comme tableau indicateur ou chronomètre!

4- La gestion du temps : un défi en EPS

Un des défis qu’un spécialiste en EPS doit relever au quotidien dans son enseignement est certainement la gestion du temps. Une bonne gestion du temps commence tout d’abord par une planification réfléchie et l’utilisation d’outils adéquats. Combien de fois devons-nous crier le temps qu’il reste à la tâche ou dépassons-nous le temps prévu pour une réaliser une activité d’apprentissage?  Il existe une panoplie de ressources en ligne, de logiciels ou d’applications de type « chronomètre » qui peuvent faciliter cette gestion. Pour en faire une bonne utilisation, il est important de considérer plusieurs éléments.

L’outil technologique utilisé

Le choix des chronomètres doit se faire en fonction des outils technologiques mis à votre disposition. Il est donc important d’en moduler l’usage selon la disponibilité de vos outils. Si vous avez accès à un projecteur, afficher le chronomètre sur tableau ou sur un mur au moment de l’activité peut s’avérer très intéressant, tout comme le visionner sur un téléviseur par le biais d’un ordinateur, d’une tablette numérique ou d’un téléphone intelligent.

Si l’écran choisi est celui d’une tablette numérique, prévoyez de le rendre accessible si l’on veut que les élèves aient accès au visuel du chronomètre. Assurez-vous que le chronomètre est, autant que possible, à la vue de tous et lisible de différents endroits au gymnase. Selon le contexte, l’enseignant peut circuler avec une tablette numérique (accrochée à son cou par une ganse) affichant un chronomètre pour indiquer le temps restant à la tâche. Il est également possible d’utiliser un support pour faire tenir la tablette numérique à un endroit stratégique. Donc, l’outil et la grandeur de votre écran de présentation auront un impact sur la sélection des chronomètres. Il y a des chronomètres qui seront très lisibles de loin même si l’écran est plus petit, mais d’autres, selon le contraste des couleurs ou le caractère utilisé pour les chiffres, seront plus difficiles à voir.

Les outils disponibles

Il est très important de mobiliser le bon outil si vous avez plus d’une technologie disponible dans votre enseignement. Supposons que vous avez un ordinateur muni d’un logiciel comme Air Serveur ou Reflector pour faire de la recopie vidéo de votre tablette numérique sur un plus grand écran. À première vue, cela semble très intéressant de projeter le chronomètre de la tablette numérique sur grand écran, par contre, vous venez de mobiliser deux technologies. Il serait préféable d’utiliser l’ordinateur pour afficher les chronomètres et d’utiliser la tablette numérique à d’autres fins (capture vidéo, prises d’observations, etc.). Bien sûr, tout dépend du contexte et de l’intention.

Il faut également considérer que certaines ressources fonctionnent en ligne seulement, d’autres sous format flash (pas lisibles sur les tablettes iPad et Android) et que certaines ressources se déploient en applications ou fonctionnent à partir de logiciels spécifiques (notebook ou inspire). Vos outils disponibles et vos expériences vous permettront de faire de bon choix!

Le visuel et la source de motivation

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Plusieurs chronomètres utilisent un visuel intéressant. Il est beaucoup plus utile pour des élèves d’avoir accès à un visuel du temps qu’il reste à la tâche, et ce, surtout lors d’un effort physique. Que ce soit pour les plus jeunes, des élèves en difficultés d’apprentissage et même pour les élèves plus âgés, le visuel facilite également la gestion de leur effort en fonction du travail demandé. Pour des élèves ayant des troubles d’apprentissage, il est beaucoup plus sécurisant pour eux de voir le temps qu’il reste à la tâche. À titre d’exemple, le fait d’annoncer qu’il reste 30 secondes à une tâche pour des élèves de 2e année est beaucoup moins représentatif que s’ils voient l’image d’un sablier descendre et vous n’aurez pas à crier régulièrement le temps restant. Plusieurs chronomètres offrent un visuel intéressant axé davantage sur l’image (sablier, roue, fusée, etc.) que sur les chiffres. Cela facilite la lecture dans certains cas.

Tabata et le travail par intervalles

Plusieurs de ces ressources permettent la gestion du temps par intervalles en facilitant la répétition de différents cycles (préparation, travail, repos). Aussi, une couleur peut être associée à l’effort demandé (exemples : rouge=travail, vert=repos, jaune=préparation). Cela est très intéressant lorsque l’on fait du travail par intervalles, mais on pourrait également utiliser cette fonction pour gérer le temps lorsque l’on fonctionne par ateliers ou dans le cadre d’activités collectives (basketball, handball, etc.).

Par exemple, chaque atelier peut avoir une durée de 8 minutes et 1 minute peut être accordée au changement de station ou pour la réflexion afin d’ajuster des comportements. Dans une partie de basketball par exemple,  un temps peut être attribué pour chaque partie et un temps pour la permutation des équipes, des rôles (arbitre, observateur, etc.) ou pour l’ajustement du plan d’action.

Impliquer les élèves

Ces ressources peuvent également être utiles lorsque l’enseignant donne une contrainte de temps pour réaliser une prestation. Ces outils sont simples et les élèves peuvent les utiliser de façon autonome et gérer leur propre temps afin de s’assurer de répondre aux exigences de la tâche.  Si vous disposez de tablettes ou d’ordinateurs portables, prévoyez l’utilisation de ces outils par les jeunes. Si vous facilitez la gestion du temps dans votre enseignement, vous serez beaucoup plus disponibles pour intervenir auprès de vos élèves et vous y verrez un changement au niveau de l’autonomie et de la motivation dans plusieurs cas.

5- La création des équipes

Utiliser des logiciels pour créer les équipes et éviter la traditionnelle technique des « capitaines » qui engendrent du stress pour celui choisi en dernier est désormais facile!  Varier les modalités de création des équipes (forces-défis, garçons-filles, aléatoire, etc.) et éviter le sentiment d’incompétence chez l’élève est un incontournable en EPS.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6- Présenter et planifier des exercices éducatifs ou des stratégies collectives

Il existe plusieurs logiciels ou applications permettant la création et la présentation de différents schèmes de jeux (exemples : passe et va, plan d’attaque ou de défense) que l’on retrouve dans des activités de coopération-opposition. En tant qu’enseignant, ces outils sont très utiles afin de soutenir les explications et cela permet aux élèves de mieux visualiser les apprentissages à réaliser ou la stratégie à appliquer.  Les apprenants pourront également manipuler certains outils pour la création de leurs propres stratégies.

Plusieurs logiciels ou applications vous permettront de déplacer des icônes représentant des joueurs, placer et déplacer des images ou faire des annotations sur un terrain lors d’une activité collective.  Pour plusieurs élèves, cela facilitera leur compréhension et ils seront plus aptes à réaliser la tâche.

 

 

 

 

 

 

Impliquer les élèves

Ces mêmes outils peuvent être utilisés par les élèves afin de les rendre davantage « acteurs » de leurs apprentissages. L’enseignant peut, par exemple, leur demander de planifier et d’élaborer leurs propres stratégies (basketball, handball, soccer, ultimate, etc.) sur une tablette numérique, un ordinateur ou sur un TNI.  Il devient ainsi possible de représenter le positionnement des joueurs sur le terrain en les déplaçant en fonction de la stratégie choisie. Certaines applications permettent même d’animer les déplacements des icônes en plus d’enregistrer l’audio, ce qui permet aux élèves d’expliquer leur plan d’action. En ayant accès à leurs productions, l’enseignant peut donc vérifier si les élèves respectent les stratégies qu’ils ont élaborées. Il peut aussi exploiter ces traces dans le cadre d’un retour réflexif avec les apprenants. En naviguant sur le site, vous trouverez des images de terrains, des exemples d’utilisations, des documents pédagogiques ainsi que des outils qui vous permettront la création de vos propres schémas.

Voici un exemple simple d’une image en mini-volley qui facilite la compréhension de la tâche que les élèves auront à effectuer. En ayant une représentation du positionnement et de la tâche qu’ils ont à faire, ils seront beaucoup plus rapides à se positionner et ils auront en tête l’action à réaliser!

7- La captation d’images pour favoriser la régulation

En EPS, l’action motrice est éphémère et le résultat, mesuré en terme de temps, de distance, de nombre de réussites ou autres, est malheureusement souvent la seule véritable trace tangible d’une prestation. Ces résultats sont parfois la seule manière par laquelle un élève peut constater son niveau de réussite. Malheureusement, un résultat ne donne pas une rétroaction très riche en ce qui a trait aux ajustements nécessaires pour permettre à l’apprenant de s’améliorer et prendre conscience de ses forces et des défis qu’il aura à relever. Il existe une panoplie d’outils technologiques simples d’utilisation permettant à l’élève de se voir agir. Mais attention, car selon l’utilisation, il se peut que vous n’obteniez pas les impacts recherchés au niveau de la motivation et des apprentissages. Il y a donc des stratégies importantes à mettre en place pour s’assurer que l’apprenant et l’enseignant en retirent satisfaction!

Visualiser sa prestation

Mais qu’arriverait-il si l’élève pouvait avoir accès rapidement au visuel de ses performances, de ses applications des savoir-faire moteurs ou des stratégies qui font l’objet des apprentissages en EPS?  Pourrait-il avoir une meilleure représentation mentale de sa propre prestation? La réponse est évidemment oui! Les entraineurs et les athlètes d’élite utilisent la vidéo depuis plusieurs années afin, entre autres, d’analyser leurs performances, de corriger des mouvements, de reconnaître les stratégies des autres équipes, etc.

En donnant la chance aux élèves de se voir et de s’analyser, ils retournent dans l’action plus conscients des éléments à travailler. Le fait de se voir agir et de nommer le processus qui les amènent à mieux réussir est un véritable atout pour la métacognition. Un élève qui se regarde faire une touche au volleyball, un enchainement en gymnastique ou qui se voit en train d’interagir lors d’une partie de basketball, pourra analyser certains éléments de sa prestation.

Porter un jugement ou favoriser la régulation

Il peut être dommage de tomber dans le piège de filmer les élèves seulement pour les regarder à la maison ou pendant les périodes de disponibilité afin de porter un jugement en prévision du bulletin. Ne pas oublier que la fonction première de l’évaluation est de servir l’apprentissage. Dans le cas précédent, est-ce que la capture vidéo a amené les élèves à mieux apprendre? L’élève devient-il un meilleur observateur de ses apprentissages? Il est primordial que l’apprenant perçoive la capture vidéo comme un outil d’apprentissage et, pour ce faire, le spécialiste en EPS, par ses actions et interventions, joue un rôle très important.

Des stratégies efficaces

Cependant, il importe d’utiliser des outils simples et efficaces. Utiliser des logiciels ou des applications qui donnent accès à l’image en différé peut être une stratégie gagnante. Cette stratégie est facile à mettre en oeuvre et elle nécessitera peu de manipulations durant le cours. Les élèves seront également plus à l’aise avec l’image en différé, car il n’y aura pas de captation officielle de leur prestation, mais ils auront tout de même la chance de s’observer 10, 30 ou 60 secondes à la suite de leur action motrice en fonction du délai choisi.

Un logiciel comme Kinovéa est gratuit et permet cette fonctionnalité. Vous pourrez utiliser la web cam de l’ordinateur ou bien en relier une à celui-ci. Il suffit d’ajuster le temps du retard sur l’image en fonction de la prestation. L’élève peut donc faire son geste ou sa performance dans un espace délimité et couvert par l’oeil de la caméra et ensuite, aller visionner sa prestation. Pendant qu’il se visionne, un autre élève s’exécute à son tour devant la caméra pour réaliser sa performance. Cela permet donc un roulement continu. Un autre avantage de la vidéo en différé est qu’elle ne s’enregistre nulle part, ne demande pas d’espace sur les appareils utilisés et qu’elle facilite la gestion. Si le spécialiste en EPS a accès à des appareils mobiles, plusieurs applications telles que LiveVideoDelay et InstantReplay existent et permettent le même travail. Vous en trouverez plusieurs autres sur notre site.

Des éléments à considérer

Les TIC, par le biais de la capture et de l’annotation vidéos, représentent une stratégie incontournable en EPS. Elles permettent de fournir une rétroaction ou des indices à l’apprenant qui l’aident à se réguler, c’est-à-dire à ajuster ses apprentissages. Il s’agit d’un élément majeur pour développer des compétences. Pour aider l’apprenant, l’enseignant doit cependant considérer quelques éléments importants :

  • Est-ce que l’élève est conscient de ce qu’il doit observer?
  • Est-ce que les éléments observables sont clairs et précis?
  • Est-ce que l’élève se questionne lors ou à la suite du visionnement?

Favoriser la prise de conscience

Même si des outils simples sont disponibles pour faire de la capture vidéo, leur utilisation peuvent avoir peu d’impact sur l’apprentissage si les éléments précédents ne sont pas considérés. L’apprenant peut alors se regarder parce que l’enseignant lui demande, sans faire de prise de conscience. Il convient donc de donner une intention d’observation à l’aide de consignes précises. L’élève doit aussi être confronté à un questionnement afin de l’amener à une réflexion. Poser une question fermée suivie de questions ouvertes peut s’avérer efficace. Voici des exemples de questions que vous pouvez afficher dans votre gymnase afin que l’élève les ait en tête. Ce sont des questions générales qui peuvent s’adapter à toutes sortes de contextes.

  • La prestation est-elle bien réalisée (en fonction des éléments observables)?
  • Quels éléments dois-tu conserver ou améliorer?
  • Quelles actions peux-tu mettre en place pour améliorer la prestation?

En répondant dans sa tête à ces questionnements, l’apprenant aura fait une meilleure prise de conscience et retournera dans l’action en ayant davantage en tête les éléments qui favoriseront ses apprentissages. Sans faire d’entrevue individuelle, vous pourrez, à l’occasion, questionner certains élèves sur leurs réponses. Le but est de rendre les élèves plus autonomes et de leur fournir un outil leur permettant une rétroaction.

Comparer sa prestation

Plusieurs outils permettent un écran de capture et un écran de lecture en simultané. Cela veut donc dire que l’élève pourra également se comparer avec une autre prestation! Cela facilitera encore plus l’analyse qu’il aura à faire. Il pourra annoter ou nommer les éléments qui sont similaires et ceux qui sont différents dans le but d’ajuster ses actions.

Analyse plus pointue

Il est également très intéressant de filmer des prestations afin d’en faire une analyse plus pointue. La majorité des logiciels permettent l’annotation sur l’image ou le ralenti par exemple. Les élèves pourront donc encercler les éléments à améliorer ou à conserver dans leur prestation.

Bref, il existe beaucoup d’outils et de stratégies que vous trouverez sur le site. Il est important de bien réfléchir à l’utilisation et d’impliquer les élèves afin qu’ils prennent conscience que la capture d’images peut s’avérer très riche pour leurs apprentissages.

8- L’image pour favoriser la représentation mentale

 

La représentation mentale d’un mouvement, d’un geste technique ou d’une stratégie est incontournable pour permettre une exécution plus efficiente. Pour certains élèves, une explication suffit tandis que pour d’autres, une image ou une seule démonstration peut faire en sorte qu’ils ont bien saisi l’action à accomplir. Mais qu’en est-il des élèves qui n’ont pas assimilé les éléments importants à retenir lors d’une explication ou d’une démonstration? Ont-ils facilement accès à de nouvelles démonstrations? Et qu’arrive-t-il si le spécialiste en EPS ou un élève de la classe est incapable de faire une démonstration adéquate par manque de connaissances ou d’habiletés? L’utilisation des TIC favorise grandement la différenciation pédagogique en ce sens.

Des démonstrations aux moments opportuns

À l’aide d’outils TIC, vous pourrez offrir la possibilité de donner accès à des démonstrations vidéo à vos élèves. Ils pourront les visionner à des moments opportuns et même à l’endroit désiré grâce aux appareils mobiles. Ces ressources externes permettront à l’élève d’évoluer davantage à son rythme et d’une façon plus autonome en allant consulter ces images au besoin. Aussi, cela l’aidera dans la planification du défi qu’il a à relever.

Une panoplie de ressources

Plusieurs ressources de démonstrations sont disponibles sur Internet. Il s’agit de rendre facilement accessible aux élèves la bonne ressource en fonction des contraintes de la tâche demandée. Imaginons une situation d’apprentissage dans laquelle des élèves doivent créer un enchainement de figures en jonglerie. Au moment opportun, l’enseignant peut rendre disponibles quelques démonstrations choisies pour que les apprenants puissent aller les consulter à l’aide de tablettes numériques, d’ordinateurs ou d’un TNI. Ils auront ainsi rapidement accès à un éventail de figures qu’ils peuvent explorer en cours d’apprentissage. Dans ce contexte, les élèves sont indépendants et peuvent revoir chaque image ou chaque vidéo plus d’une fois pour mieux s’approprier les éléments importants pour la réussite du geste. Vous serez ainsi beaucoup plus disponibles pour intervenir auprès de vos élèves.

Impliquer les élèves

Plusieurs outils simples et efficaces permettent la captation d’images. Vous pourrez donc impliquer les élèves afin qu’eux-mêmes servent de modélisation pour les élèves de votre école. Les élèves qui exécutent bien la prestation demandée pourront être filmés et vous pourrez rendre ces vidéos accessibles pendant vos cours.

Faciliter la représentation

Rendre accessibles des ressources de démonstrations facilite les apprentissages des élèves, mais cela aide encore plus si les éléments observables pour la réussite sont clairs et précis. Voir la prestation à exécuter est une chose, mais être en mesure de se centrer sur les éléments importants en est une autre. Imaginons qu’une vidéo de démonstration de figures en jonglerie est non seulement présentée, mais aussi analysée par l’enseignant et les élèves. Grâce à certains outils, ils annotent ensemble, soulignent ou encerclent à l’écran les éléments importants sur lesquels ils doivent se concentrer (ex.: hauteur des balles, positionnement des coudes, hauteur des mains). Lors des prochaines explorations pratiques, les élèves seront probablement davantage centrés sur les éléments importants. Voici un exemple d’acrogym :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9- La présentation d’une vidéo comme élément déclencheur

Un élément important pour favoriser l’apprentissage est de capter l’attention des apprenants. Il faut les pousser à centrer leurs processus cognitifs et leurs sens sur la situation d’apprentissage. Il existe plusieurs stratégies utilisant les TIC pour capter l’attention des élèves et annoncer l’activité à venir lors de l’amorce d’une nouvelle situation d’apprentissage.

Motivation, questionnement

Une des stratégies est le visionnement d’une courte séquence vidéo en début de séance. Il peut s’agir d’un extrait de match sportif, d’une performance hors du commun ou d’une entrevue avec un athlète. L’important est de choisir une vidéo qui suscite l’intérêt ou la curiosité du groupe, qui a du sens pour les élèves et qui est liée aux intentions pédagogiques. En plus d’annoncer l’activité à venir, la séquence vidéo sert à centrer l’attention des apprenants sur la tâche. Pour plusieurs, le visionnement amènera un questionnement et une réflexion à propos de leurs connaissances, de leurs capacités, de leurs habiletés et des stratégies à mobiliser et à mettre en place dans l’activité à venir. Cela peut aussi donner le goût de sauter à pieds joints dans l’action.

Faites-en l’expérience

Annoncez à un premier groupe d’élèves que les prochains cours seront axés sur le saut à la corde et invitez-les à se choisir une corde à sauter afin d’explorer différents types de sauts qu’ils connaissent pour activer leurs connaissances antérieures. Accueillez ensuite le second groupe en leur présentant un court extrait vidéo d’un spectacle de démonstration de saut à la corde ou d’une performance hors de l’ordinaire et invitez-les ensuite à se choisir une corde. Il y a de fortes chances que le niveau d’engagement de chaque groupe soit fort différent. Bien entendu, dans le second groupe, les élèves seront inactifs au niveau moteur pendant quelques instants, mais plusieurs seront actifs au niveau cognitif en se questionnant sur le nombre et le type de sauts qu’ils sont capables de réussir pendant l’écoute de l’extrait.

La vidéo présentée peut provenir du Web, elle peut avoir été enregistrée par un autre groupe dans le passé, mais elle peut également provenir d’un autre groupe d’élèves par le biais de la vidéoconférence. On peut alors communiquer en temps réel avec le groupe classe d’un collègue enseignant par le biais d’un logiciel comme Skype, Hangout ou FaceTime. Quoi de plus motivant pour un groupe d’élèves que de présenter en temps réel une prestation d’activité à un groupe d’une autre école. Cette présentation peut aussi servir d’élément déclencheur pour les élèves qui vont la visionner en plus d’être un défi et une motivation pour ceux qui performent. Dans cet exemple, les deux groupes d’élèves en retirent de grands avantages.

Voici un exemple de vidéo qui suscite bien des réactions!

Augmentation du temps actif

D’autre part, le visionnement d’une vidéo présentant une nouvelle activité collective peu connue favorise très souvent le temps actif lorsque les élèves sont en situation de jeu. Pour plusieurs d’entre eux, la vidéo contribue à une compréhension plus rapide de différents concepts comme le positionnement, les stratégies ou des éléments techniques. On peut moduler l’usage de la vidéo en fonction de la disponibilité du matériel dans l’école. Si l’enseignant a accès à un projecteur, il peut faire tourner la vidéo en boucle à l’ordinateur au moment d’accueillir les élèves ou attendre après l’échauffement pour visualiser la vidéo en grand groupe. Sinon, profiter de l’échauffement pour inviter des équipes d’élèves à visionner à tour de rôle la vidéo sur une tablette numérique ou sur l’écran d’un ordinateur portable peut être une autre option.

Durée de la vidéo

Si l’objectif est de susciter l’intérêt, le questionnement ou annoncer l’activité à venir, une vidéo d’une durée de 30 secondes à 1 minute 30 est suffisante pour répondre à ces besoins. Si la vidéo dépasse 2 minutes, alors votre intention diffère. Si l’objectif est la compréhension de certains concepts, il se peut qu’une vidéo d’une minute soit de trop courte durée. Bien sûr, tout dépend du contenu de votre vidéo!

Merci à Joël Bouthillette pour sa généreuse contribution à la rédaction de cet article. Visitez le site du RÉCIT du domaine du développement de la personne pour plus de détails à propos des formations offertes et des ressources supplémentaires à explorer!

Voici la deuxième partie de cet article qui  traite d’installations diverses en EPS!
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