Du 17 au 21 août, une cinquantaine d’enseignants ont choisi d’écourter leurs vacances pour participer à la 8e édition du Camp TIC, un projet régional des commissions scolaires de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, auquel se sont greffées les CS des Monts-et-Marées et des Phares. En participant à cette formation régionale, les participants ont pu faire progresser leur compétence TIC tout en concevant des activités d’apprentissage à réinvestir avec leurs élèves. Expérimentations et créations de SAÉ intégrant des technologies ont été au menu de la semaine. Portrait de l’expérience.
Par Louise Sarrasin
Le camp TIC, projet régional des commissions scolaires de la Capitale-Nationale et de la Chaudière-Appalaches, auquel se sont greffées les CS des Monts-et-Marées et des Phares, en était à sa 8e édition. Organisé et animé par des personnes-ressources du RÉCIT, il a suscité un grand intérêt puisque la demande a dépassé l’offre (faute de places et de budget). Cette année, il était placé sous la coordination d’Alain Houle, personne-ressource à la commission scolaire de la Capitale qui a su orchestrer la formation de main de maître. Comme depuis les débuts de sa mise en place, le camp TIC a rempli les attentes des participants. Pourtant, comment expliquer que des enseignantes et des enseignants mettent fin à leurs vacances estivales pour suivre cette formation ? Parce que la formule du camp TIC plaît. Elle offre aux participants :
- Des apprentissages significatifs en lien avec leurs champs d’intérêt et les projets qu’ils désirent réaliser en classe.
- Un accompagnement sur mesure (13 animateurs pour une cinquantaine de participants).
- Du temps pour se sensibiliser ou approfondir des technologies à des fins éducatives (5 jours continus de formation).
- Des échanges fructueux avec les collègues qui permettent de développer un réseau de contacts pour s’entraider maintenant et par la suite.
- L’occasion de réaliser des situations d’apprentissage sur place, par domaines d’apprentissage ou clientèles, en lien avec le Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ).
- Un contexte estival décontracté (pas de suppléance à prévoir), mais hautement productif dans un site enchanteur, la Station écotouristique de Duchesnay.
De l’inscription au choix
Au printemps, le programme du camp TIC est mis à la disposition des enseignants et disponible en ligne. Le formulaire d’inscription au camp TIC doit être complétée au 1er mai. En le remplissant, les participants ont à préciser le profil technologique qui les représente le plus. Par exemple, possèdent-ils une connaissance de base d’un système d’exploitation ? Le niveau 1 est celui qui les représente le plus. Est-ce ce qu’ils utilisent un logiciel de courrier électronique ? Ce sera le niveau 2. Sont-ils en mesure de compresser et décompresser de fichiers et de dossiers ? Le niveau 3 est celui qui les caractérise davantage. Ils sont capables d’utiliser un éditeur de pages Web ? Le niveau 4 sera probablement le plus représentatif pour eux. Pour chaque niveau, les participants trouvent ainsi une liste d’habiletés à utiliser les technologies qui leur permettent de bien situer leur niveau de compétence TIC. Les animateurs sont ainsi en mesure de connaître le groupe qu’ils accompagneront avant le début du camp.
Par la suite, chaque personne choisit un domaine disciplinaire dans lequel elle souhaite être initiée à différentes technologies de l’information et de la communication (TIC). Elle aura l’occasion d’utiliser les TIC dans l’un des domaines suivants : de la Mathématique, de la science et de la technologie, des Arts, des Langues, de l’Univers social, du Développement professionnel, en Adaption scolaire ou au Préscolaire et premier cycle du primaire. On lui propose même des pistes d’exploration pour chaque domaine ou clientèle afin qu’elle sache davantage à quoi s’attendre et qu’elle s’en inspire. Voici quelques exemples parmi d’autres de ce qu’on leur offre de réaliser : exploration de différents logiciels ou outils d’apprentissage MathémaTIC, utilisation des TIC en tant qu’aide au développement des compétences, réalisation de productions multimédias en arts, projets à réaliser avec les petits du préscolaire pour développer la compétence TIC, intégration des TIC dans une méthode de travail en univers social, démarche d’écriture par le biais d’un site web de classe, utilisation d’un portfolio numérique dans le domaine du développement professionnel, etc.
La participante ou le participant termine son inscription en émettant quelques idées de thèmes ou de sujets, en lien avec le domaine d’apprentissage ou la clientèle qu’elle a choisie.
Le programme se présente ainsi :
Journée 1 : Ateliers d’appropriation aux technologies.
Journée 2 : Suite des ateliers et intégration des apprentissages.
Journées 3 et 4 : Intégration des apprentissages.
Journée 5 : Présentation des intégrations.
De l’appropriation à la réalisation
Les participants sont là avant tout pour leurs élèves. Ils ont à cœur que les apprentissages vécus durant cette semaine-là puissent être réinvestis dans des activités significatives bonifiées par les TIC durant l’année scolaire. Et pour cela, ils sont prêts à y consacrer le temps voulu, y compris du temps pris sur leurs vacances.
Les deux premières journées sont bien remplies. C’est le moment de l’initiation et de l’appropriation aux technologies en lien avec le domaine ou la clientèle choisie lors de l’inscription. Les animateurs sont là pour les accompagner dans chaque étape. Ils savent que chacune et chacun est confronté avec sa zone de confort à utiliser les TIC. Il est normal que certains se sentent confortables dans cette initiation, d’autres plus inquiets. Une bonne façon de les mettre dans le bain est de leur proposer de plonger dans l’expérimentation, mains sur les touches. Les animateurs ciblent très vite ceux qui seraient portés à se décourager devant le défi qui leur est proposé. Un coup de pouce, un mot d’encouragement et voilà la confiance revenue chez le participant !
Les jours suivants sont dévolus à l’intégration des nouveaux apprentissages dans la réalisation d’une situation d’apprentissage et d’évaluation (SAÉ) que l’enseignante ou l’enseignant vivra avec ses élèves par la suite. C’est une des forces de ce modèle de formation : le transfert en classe. Les participants ne sont pas là pour s’initier à des logiciels ou des outils pour leur seul besoin personnel. Ils sont là pour voir comment les technologies peuvent enrichir les activités d’apprentissage de leurs élèves. Les SAÉ créées durant le camp sont mises à la disposition de tous sur le site du camp TIC. Tous pourront les consulter quand bon leur semble, toute l’année. Encore mieux : les SAÉ créées durant le camp seront offertes à tous les enseignantes et enseignants du Québec. Ils n’auront qu’à visiter le site pour en découvrir la richesse et consulter les SAÉ dans la rubrique production de chaque domaine ou clientèle. Pourquoi ne pas le parcourir dès maintenant, vous aussi, pour prendre connaissances du contenu et de la variété de ces productions ?
Un partage stimulant et incontournable
Le partage de l’expérience vécue au camp avec ses collègues de travail est une dimension importante. Dès l’inscription, chaque personne s’engager à échanger avec les autres participants et à mettre le fruit de ses expérimentations à la disposition des autres. Soutien mutuel, entraide, expérimentation, discussions, tâtonnements et nombreux rires vont ponctuer la semaine de formation.
Les participants peuvent aussi profiter du côté informel, comme lors des pauses, des repas, du 5 à 7 ou de la soirée musicale, pour poursuivre les discussions, s’amuser et créer des liens plus forts. Que de projets solides sont nés autour d’un bon repas, y compris l’idée émise par des personnes-ressources de créer un camp TIC il y a quelques années ?
Certains apprenants sont si enthousiastes lors de leur formation que les animateurs doivent souvent les pousser gentiment vers la porte de sortie à 17 heures pour qu’ils puissent se reposer avant d’entreprendre une autre journée d’expérimentation. N’est-ce pas là un signe de détermination de leur part ?
Lors du camp TIC, les participants réalisent de nombreux apprentissages et ils en ressortent remplis d’énergie pour innover des façons de faire en classe avec les TIC. De leur côté, les animateurs apprennent aussi des apprenants, car ils découvrent des choses auxquelles ils n’avaient pas pensé ou qu’ils avaient envisagées différemment. À la fin de ces cinq jours de formation, il en sort une grande synergie profitable à tous, participants et animateurs, mais surtout aux élèves en premier lieu qui seront stimulés par ces nouvelles SAÉ mises à leur disposition.
Communiquer, un moment essentiel de la formation
Le déroulement du camp s’appuie sur le modèle d’une situation d’apprentissage. Les participants ont ainsi à vivre une phase de préparation, une de réalisation et une de communication. Après avoir fait une bonne préparation, après avoir réalisé des SAÉ significatives et en lien avec le PFÉQ, c’est le temps pour eux de communiquer leurs réalisations à d’autres. Le vendredi est jour de présentation. Chaque année, des invitations sont envoyées à des directeurs d’école, des cadres d’établissement et à des responsables pédagogiques engagés à promouvoir l’apport des technologies en classe.
Cette année, plus d’une quarantaine d’invités ont parcouru les salles de Duchesnay pour découvrir les projets élaborés durant la semaine. Pour les participants, c’est une occasion de démontrer qu’ils sont en mesure de réaliser des SAÉ significatives et pertinentes à l’aide des TIC dans un temps record, surtout s’ils sont bien accompagnés. Pour les animateurs, c’est la fierté de découvrir que les apprenants se sont approprié des outils, des projets, des activités à une vitesse grand V en 4 jours !!! Impressionnant ! Pour les invités, c’est une occasion de voir à travers les activités présentées comment les élèves peuvent profiter d’une multitude d’activités bonifiées à l’aide des TIC. C’est aussi une occasion aussi pour les cadres et les directions d’établissement de penser à différentes façons de bien soutenir les enseignants désireux de mettre en place des projets intégrant des TIC en classe et dans leur milieu.
La présentation dure environ deux heures et est organisée à la manière d’une Expo-Sciences. Les visiteurs déambulent d’une place à l’autre pour découvrir les activités d’apprentissage élaborées durant la semaine. Innovation cette année : le cahier du visiteur qui informe sur le type d’activité et le lieu où elle est présentée. Cela permet au visiteur de se diriger rapidement vers ce qui l’intéresse le plus, car deux heures, c’est bien vite passé.
Mario Asselin, associé et directeur général du Site Opossum, fait part de ses impressions du camp TIC sur sonblogue. En voici un extrait :
« J’aime beaucoup la posture d’apprenants que les profs prennent dans ce genre de camp. Cela semble les aider à comprendre davantage les mécanismes qui entrent en jeu dans l’apprentissage de leurs élèves. Plusieurs témoignages d’enseignants ce matin racontaient ce que cette posture risque de changer dans leurs pratiques, à court terme. J’aime beaucoup. »
Un site, des traces et des blogues
Pour accompagner les participants, avant, pendant et après la formation, les animateurs ont réalisé un site Web pour le camp TIC 2009. La navigation se fait par domaine d’apprentissages et clientèles explorés durant le camp, avec pour chacun : des ressources offertes par les animateurs en lien ce domaine ou cette clientèle, des traces laissées par les participants et les productions réalisées durant le camp.
Trois règles d’or suggérées par les animateurs du groupe MST méritent que l’on s’y attarde, car elles sont pertinentes pour tous :
- Faire des sauvegardes (pour éviter le désespoir de perdre un document sur lequel on a longuement travaillé.
- Laisser des traces (pour mieux comprendre son cheminement, parce que chacun peut apprendre de l’autre et parce que cela s’inscrit dans un processus de métacognition).
- Choisir, c’est renoncer (on ne peut pas tout faire, mais l’idée est de bien faire ce que l’on est en mesure de faire).
Pour mieux saisir l’ambiance du camp TIC, quoi de mieux que de lire les propos de Pierre Lachance sur le blogue du RÉCIT ? Dans celui-ci, il partage réflexions, photos et événements amusants vécus au jour le jour lors du camp. En voici un extrait : « Le jeudi du camp TIC est la journée la plus éprouvante pour tout le monde. Les participants veulent que tout soit parfait, donc ils y mettent leur coeur et toutes leurs énergies. En fin de journée, on sent la fatigue sur les visages. En ce qui concerne les animateurs, on veut pouvoir répondre à toutes les demandes le plus rapidement et efficacement possible. Donc le pas de course est de mise. Mais tout le monde semble quand même flotter sur un nuage en ce qui concerne la formation. Les attentes étaient élevées pour certains et elles ont été atteintes selon leur dire. Bravo aux formateurs ! »
Un transfert réussi !
La 8e édition camp TIC est à peine terminée que déjà plusieurs participants expriment le désir de revenir l’an prochain. Ils fourmillent de projets en tête et ils entendent bien transférer en classe les acquis de leurs apprentissages acquis durant la semaine. Chose rassurante, les animateurs vont continuer de les accompagner durant l’année afin qu’ils puissent réaliser leurs activités avec leurs élèves comme ils l’espèrent. Souhaitons maintenant que l’on donne la possibilité à davantage d’enseignantes et d’enseignants de participer au camp TIC, car y goûter, c’est y revenir.