Métacognition et TIC sont un assemblage parfait pour soutenir la personne qui désire se motiver, mieux se connaître et réussir, que ce soit dans son travail et ses études. Telle était la prémisse de cet atelier animé par Andrée Deschênes, conseillère pédagogique au Service régional à la FGA du RÉCIT de la Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine. Un atelier pour mieux connaître les avantages de cette combinaison gagnante pour le milieu scolaire. Un atelier aussi pour prendre connaissance du projet de plateforme en soutien à la métacognition que la conseillère pédagogique aimerait mettre en place.
Par Louise Sarrasin
Andrée Deschênes a un parcours professionnel très diversifié qui l’a mené à s’intéresser de près à la métacognition. Pour cette personne qui a d’abord œuvré dans le domaine des communications avant de se diriger vers le milieu de l’éducation, il était naturel de tirer profit de son bagage pour s’intéresser au développement de l’être humain. En particulier à la façon dont chacune ou chacun peut garder les traces d’un discours avec soi-même pour se motiver, performer et réussir dans ses entreprises, que ce soit dans le cadre de son travail ou de ses études. En d’autres mots, comment utiliser la métacognition pour mieux se connaître et évoluer sur les plans professionnel et personnel ? C’est en cherchant réponse à cette question qu’elle a développé une expertise sur le sujet.
Métacognition et autodétermination
En premier lieu, l’animatrice a amené les participants à se questionner sur leur propre processus de métacognition et à préciser leurs attentes par rapport à l’atelier en leur demandant s’il leur était déjà arrivé, entre autres, de :
- Ressentir le besoin d’obtenir une rétroaction ou de revoir leur perception initiale en considérant l’ensemble des aspects.
- Modifier un ou plusieurs aspects de leur mode de fonctionnement.
- Repenser l’arrimage de leurs choix pour maximiser le temps.
- S’arrêter sur les objectifs de leurs tâches pour mieux les arrimer.
Par la suite, elle a démontré que, comme pour un projet de travail, une démarche d’étude ou un projet de vie, la performance et la réussite exigent une autoévaluation constante et, au besoin, des ajustements en fonction des conditions déterminantes qui prévalent pour nous à différents moments.
Qu’est-ce que l’autodétermination et en quoi celle-ci peut-elle nous aider à mieux nous connaître ? Andrée Deschênes a répondu à cette interrogation en expliquant le sens de ce concept tout en dressant un historique de son évolution au fil du temps. Elle a précisé que plusieurs chercheurs tels Vallerand, Connell, Ryan et d’autres ont réinvesti le concept d’actualisation de Maslow en parlant plutôt d’autodétermination où des pressions externes ou internes régulent la motivation. Ce qui lui a fait conclure que la motivation est donc socioconstruite puisque déterminée par des pressions sociales diverses. Elle a précisé que ces pressions externes proviennent de déterminants relationnels soit la famille, les amis, les enseignants, bref, les relations perçues comme significatives. L’animatrice a complété son point en précisant ceci : « Plusieurs études ont montré que les parents et les autres personnes importantes (ex. : enseignants, patrons, intervenants, entraîneurs) qui soutiennent l’autonomie et la compétence suscitent davantage de motivation intrinsèque et extrinsèque identifiée chez autrui, d’après Ryan et Deci ».
Projet de plateforme en soutien à la métacognition
À la suite de sa présentation, l’animatrice a lancé cette invitation aux participants : « Que diriez-vous de contribuer à soutenir la métacognition pour favoriser l’autodétermination et une perception d’harmonie sociale essentielles à la motivation ? » Ce qu’avait à proposer Andrée Deschênes à ceux qui aimeraient contribuer, c’est le développement d’une plateforme de soutien à la métacognition pour différentes clientèles : directions, personnel de soutien, techniciens et apprenants. Pour expliquer comment fonctionnerait cette plateforme, elle s’est mise dans la peau d’une personne qui se questionnerait de cette façon : « Je travaille ou j’étudie dans une organisation scolaire et l’on me demande sans cesse de m’investir dans diverses activités connexes. Ça m’intéresse pourtant, mais j’en ai trop et l’on m’en propose encore davantage. Comment puis-je faire les bons choix et réussir dans ces entreprises ? » Grâce à l’outil, a expliqué Andrée Deschênes, cette personne aurait accès à un dossier confidentiel pour guider son autonomie métacognitive. Elle pourrait prendre, à divers moments, une photo de l’état actuel des déterminants de sa réussite ou se référer à son autoévaluation pour réguler une situation. L’animatrice a donné plusieurs autres exemples de l’utilité de la plateforme qu’elle aimerait développer.
En animant cet atelier, Andrée Deschênes voulait tâter le pouls des participants sur l’intérêt qu’ils pourraient avoir à utiliser une telle plateforme dans leur milieu. Elle les a invités à s’exprimer sur trois points :
— Les éléments qui les avaient interpellés dans sa présentation.
— Les avantages, les défis et les nuances à considérer au niveau des relations de travail.
— Les éléments techniques dans les commissions scolaires qui défient l’idée de la plateforme.
Cet atelier a permis à la conférencière de valider le projet de plateforme sur la métacognition et TIC qu’elle souhaiterait implanter. Elle entend maintenant passer à la phase suivante : mettre en place des partenariats, en premier lieu avec le groupe du RÉCIT qui a développé le site MétaTIC, un site dédié à l’intégration des TIC pour favoriser la métacognition.
Andrée Deschênes vous invite à communiquer avec elle à cette adresse courriel si le projet vous intéresse.