Les carnets TIC

Jean Nadeau, personne-ressource du RÉCIT, Service local de la C.S. des Premières- Seigneuries, a présenté le Carnet TIC, un outil conçu pour l’élève. Depuis le début de l’automne, cet outil, après une phase d’expérimentation, est maintenant utilisé par les commissions scolaires des régions 03-12. Qu’est-ce que le carnet TIC ? En quoi peut-il soutenir l’élève dans le développement de sa compétence TIC ? Comment utiliser ce carnet ? L’atelier a permis de faire un tour d’horizon de la question. En voici un bref aperçu.

Par Louise Sarrasin

Le carnet TIC est un outil qui permet à l’élève de garder des traces pour suivre la progression de ses apprentissages TIC. Il a été développé à partir des échelles de progression de la compétence 6, Exploiter les technologies de l’information et de la communication, telles qu’elles ont été définies dans le Programme de formation de l’école québécoise (PFÉQ). Jean Nadeau s’est aussi inspiré du travail d’autres commissions scolaires, et en particulier des travaux de Martine Beaudoin de la commission scolaire des Mille-Îles. En expérimentation l’an passé, l’outil a plu. Depuis l’automne, il est maintenant utilisé dans plusieurs commissions scolaires des régions 03-12.

Pour développer la compétence TIC de l’élève, M. Nadeau voit 3 conditions essentielles :

- Il faut favoriser son développement par la planification de situation d’apprentissage et d’évaluation intégrant les TIC.
- Il faut que l’élève prenne conscience de ce qu’il sait et ce qu’il devrait savoir.
- Il faut favoriser la métacognition tout au long de son développement.

Mais qu’est-ce que la métacognition au juste ? On peut en trouver une définition dans le PowerPoint de l’atelier : « la métacognition consiste en une connaissance de l’élève sur ses propres apprentissages et son habileté à exercer du contrôle sur ces processus ». C’est pourquoi Jean Nadeau estime que le carnet TIC serait un élément possible dans ce processus.

Les Carnets TIC et leur lien avec le PFÉQ

Dans sa présentation PowerPoint, Jean Nadeau explique pourquoi il est essentiel de se soucier du développement de la compétence TIC, s’appuyant sur ce passage du PFÉQ : « mises à profit dans les champs disciplinaires, les technologies de l’information et de la communication peuvent servir d’accélérateur au développement d’un large éventail de compétences du Programme de formation, transversales comme disciplinaires (PFÉQ, p.28). Il y précise aussi le contexte de réalisation dans lequel doit s’exercer cette compétence, citant un autre passage du PFÉQ : « Les compétences transversales se développent généralement dans les situations d’apprentissage et d’évaluation utilisées pour les compétences disciplinaires. C’est donc dire que la compétence TIC se développe à travers les projets disciplinaires. Il ne s’agit pas de donner des cours d’informatique, mais bien de développer, chez l’élève, un savoir-agir intimement lié aux disciplines » (PFÉQ, p. 28). Après avoir expliqué ce qu’est l’évaluation, l’animateur y démontre aussi que l’acte d’évaluer est un processus dans lesquels les Carnets TIC s’inscrivent bien, entre autres en ce qui a trait à la prise d’information.

Quand et comment évaluer ? Pourquoi des grilles d’observation ? Pourquoi des grilles d’autoévaluation ? Comment interpréter les informations recueillies ? Ce sont autant de questions sur lesquelles Jean Nadeau s’est penché pour apporter les réponses suivantes :

- Les grilles d’observation sont utiles entre autres parce que la compétence est évolutive en ce sens qu’elle demande du temps et qu’il est toujours possible de progresser. De plus, ces grilles tiennent compte du fait que les élèves se développent à différents rythmes et qu’ils ne manifestent pas en même temps les mêmes savoirs. Tous les élèves ne seront pas évalués en fonction des mêmes critères. Par conséquent, l’enseignant aura à noter des commentaires différenciés pour ses élèves.

- Les grilles d’autoévaluation sont des occasions d’apprentissage pour l’élève dans la mesure où les situations d’évaluation lui permettent de porter un regard métacognitif sur ses propres démarches et qu’elles permettent à l’enseignant d’utiliser ses observations pour favoriser la progression de l’élève.

- Pour bien interpréter les informations recueillies, il est important de se donner des repères afin de mieux percevoir la progression de l’élève. En comparant les informations obtenues avec ce qui est attendu dans le PFÉQ et en utilisant les échelles descriptives, on peut obtenir un portrait assez précis de l’évolution de l’élève.

Dans le PowerPoint de la présentation, vous trouverez des informations plus exhaustives.

Présentation des carnets TIC

En collaboration avec Michel Couture, Jean Nadeau a adapté ce document de la commission scolaire de la Pointe-de-l’Île pour cibler les habiletés à développer par l’élève.

Comme cette compétence est évolutive tout au long du primaire, ces carnets, 5 en tout, sont offerts à l’élève pour qu’il puisse suivre le développement de sa compétence à utiliser les TIC dans diverses situations d’apprentissage.

L’utilisation des carnets est simple : l’élève fait une autoévaluation de son degré de maîtrise d’une habileté dans son carnet (papier) et lorsqu’il pense l’avoir atteint, il demande à son enseignante ou à son enseignant de valider cette maîtrise. Si celui-ci est en mesure de la valider, il atteste la manifestation en signant le carnet. L’enseignant garde des traces des signatures, ce qui permet à l’élève de mesurer l’évolution de sa compétence. Une fois que l’élève possède l’ensemble des compétences d’un niveau donné, l’élève peut demander un carnet d’un niveau supérieur et ainsi poursuivre sa progression jusqu’à la fin de son primaire où normalement, il devrait atteindre le niveau 4 pour son entrée au secondaire.

Point important : un niveau n’équivaut pas à un cycle donné. Par exemple, dans une classe, des élèves de niveau 2 ou 3, voire même de niveau 1, peuvent se côtoyer. Tout dépend de là où en est rendu chaque élève dans le développement de sa compétence TIC. Jean Nadeau aime bien comparer les carnets TIC aux livrets de natation qu’une nageuse ou un nageur doit utiliser pour passer d’un niveau à l’autre et suivre sa progression dans ce sport. Les carnets TIC s’inspirent des couleurs des livrets de natation : bleu pâle, jaune, rouge, vert et bleu.

Dans le balado qu’il a réalisé pour le RDVirtuel de juin 2009, Jean Nadeau précise les intentions visées par l’utilisation de ces carnets TIC. Elles sont de plusieurs ordres. En premier lieu, une des intentions est de favoriser le développement de la conscience TIC au primaire. Une autre est de permettre à l’élève de connaître ce qu’il sait ou ne sait pas ou ce qu’il maîtrise ou non. Du côté de l’enseignante ou l’enseignant, l’utilisation des carnets lui donne l’occasion d’obtenir un meilleur portrait de ses élèves. Par le fait même, cette enseignante ou cet enseignant peut alors planifier des situations d’apprentissage qui vont développer la compétence TIC en tenant compte de là où ses élèves en sont rendus dans ce développement. Cette utilisation lui permet aussi de pratiquer la différenciation dans le développement de la compétence TIC de ses élèves. Ultimement, elle suscite chez l’élève le goût de hausser son niveau afin de s’approcher du niveau 4 et même de le dépasser.

Ce balado a été réalisé en collaboration avec les personnes ressources du Service local du RÉCIT, région Québec-Chaudière-Appalaches. Il démontre avec éloquence la pertinence d’offrir des carnets TIC aux élèves. Le visionner est une façon intéressante d’en apprendre plus sur le sujet. Vous trouverez le balado à cet endroit du site du RDVirtuel 09.

Une suite aux carnets TIC ?

Compte tenu de l’intérêt que les carnets TIC suscitent au primaire, il est question maintenant d’évaluer la possibilité d’en développer pour le secondaire.

Sites en lien avec l’atelier

Carnets TIC, une présentation PowerPoint de Jean Nadeau sur le site de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries.

Balado Carnets TIC sur le site RÉCIT du RDVirtuel 2009

En complément de cet atelier, voici d’autres liens intéressants :