Première question : dans notre C.S., nous sommes à regarder comment faire le plongeon de Microsoft Office vers Openoffice.org. Y en a-t-il parmi vous qui ont fait le plongeon ? Si oui, comment êtes-vous passé de l’un à l’autre (sur une longue période, courte période ?) Avec un plan de formation (mise à niveau) ? Ou de petits procéduriers vidéo ou papier ? Le grand déploiement quoi !.... Et comment les enseignants ont-ils réagi ? Quels sont les impacts versus les professionnels qui travaillent avec les enseignants ?
Deuxième question : le filtrage (logiciel qui permet de barrer certains sites…. ) Avez-vous ça dans votre C.S. ? Si oui… qui a fait ce choix et pourquoi ? Si non… qui a fait ce choix et pourquoi ?
Selon vous, quel serait le choix à privilégier et pourquoi ? Avez-vous une politique dans votre C.S. ?
Comment déployez-vous la nétiquette auprès de vos enseignants et des élèves ?
Réponses :
- Judith Cantin, Service local du RÉCIT, C.S. de la Seigneurie-des-Mille-Îles
Je réponds à la question concernant le passage à OpenOffice. Nous avons fait le passage il y a 5-6 ans et on est dans un tournant en ce moment. Soit les irritants se résolvent ou on devra revenir en arrière et acheter Microsoft partout. Ceux qui ont fait le passage, je veux que vous communiquiez avec moi (ou à la liste) juste pour qu’on sache qu’on n’est pas les seuls. Si vous avez fait le passage, ce message sera redondant pour vous. Lisez seulement les irritants et contactez-moi si vous êtes prêts à faire un bout pour les éliminer ou encore partageons des stratégies.
Chapitre premier : Pourquoi le libre
Les valeurs du libre : valeurs de coopération, de collaboration qui chez nous se traduisent en actions concrètes. Nous offrons à la communauté tous les développements que nous faisons ici. Ils sont versés sur SourceForge.net (Fortic, DocumentsCSSMI, Bureau Virtuel, etc.)
Ces valeurs sont transmises aux employés qui sont appelés à partager avec toute autre CS les développements ou l’expertise développée ici. Nos ressources sont TOUTES publiées sur un site public.
Une question de coûts indéniables : nous avons 45 000 usagers... Pour une polyvalente qui a 350 postes : 30 544 $
Une question de transparence : lorsqu’on utilise un logiciel libre, on sait comment sont utilisées nos données, où elles vont, etc. Satisfait énormément nos gourous de la sécurité.
Une question d’accessibilité : tout le monde peut y avoir accès : élèves, profs, membres du personnel (OOo fonctionne sur toutes les plateformes).
Nous avons le droit de distribuer ces applications et de les rendre accessibles pour téléchargement sur notre Bureau virtuel (nous avons fait un genre de Liberkey).
Interopérabilité : utilise des standards ouverts qui sont compatibles entre logiciels ouverts. Les modules OOo sont très bien intégrés. Microsoft m’oblige à acheter la mise à jour si je veux être capable de lire le format.docx que les autres m’envoient... et conserver leur mise en page.
Est-ce qu’on est plus catholique que le Pape ?
;-) Probablement ! Ha ha ha !
Ici à la CS, nous utilisons le libre chaque fois qu’un logiciel libre est équivalent au logiciel propriétaire et qu’il fait bien le travail. Lorsque le logiciel propriétaire répond mieux à nos besoins, on se paye la traite. On vérifie toujours dans le libre avant de faire un choix propriétaire.
Chapitre second : Historique des installations
Au départ, nous avons installé OpenOffice sur tous les postes pédagogiques. Qu’est-ce qu’un poste pédagogique ? Un ordinateur utilisé par les élèves ou par les profs.
En parallèle, nous avions aussi maintenu Microsoft Office sur tous les postes profs et sur les postes élèves pour lesquelles les écoles avaient les licences. Notre idée à ce moment était que ça nous prend les deux technologies qui cohabitent momentanément pour que le passage se fasse. C’est vrai, mais malheureusement s’il n’y a pas de date sur l’objectif de la date de la transition, le changement ne se fait pas.
Petit à petit, nous avons encouragé les écoles à ne pas renouveler la licence.
Lorsqu’une école fait un achat massif de licences Microsoft, nous les contactons, explorons avec eux leur réel besoin, offrons notre support et nos formations et si au terme de tout ça, ils décident de l’acheter, c’est leur droit.
Aujourd’hui, la plupart des écoles ont encore Microsoft dans les salles de profs et OpenOffice partout dans l’école. Quelques écoles n’ont plus Microsoft du tout.
Chapitre 3 : Support et formation
Comme accompagnement : nous avons fait des formations de transfert de Microsoft vers OpenOffice. Nous connaissons maintenant les principales fonctions que les gens ont du mal à retrouver dans OOo et nous avons fait des tutoriels sur ces fonctions.
Un livret a été déposé sur Framasoft portant exclusivement sur le passage Microsoft vers OOo.
http://www.framabook.org/openoffice.html
Lorsqu’une école veut faire le passage, mais que des enseignants sont très récalcitrants, nous rencontrons les enseignants pour connaître leurs réels besoins. Si le prof a besoin d’ouvrir son fichier devant son groupe et de pouvoir l’éditer, nous allons atteindre cet objectif. Avec Microsoft ? Seulement si on n’a vraiment pas le choix.
À chaque fois qu’un document est envoyé aux profs, nous avons une politique interne (pas toujours respectée) qui stipule que si un document ne doit pas être transformé, dans tous les cas, il est envoyé en .pdf. Si ce document doit être édité par les profs, il doit être en format.odt
La DSTI (mon département) s’engage à installer sur MS Office le module de sauvegarde en format odt chez les professionnels. Je donne le lien pour le télécharger plus bas.
La DSTI s’engage à donner autant de formations que nécessaire, et ce, dans des plages horaires qui favorisent les enseignants et qui minimisent les coûts pour l’école.
Nous produisons des capsules d’autoformation en partant de problèmes concrets d’enseignants et nous les publions sur notre site.
Nous allons installer le MS Office Viewer pour les postes pédagogiques
La DSTI s’engage à convertir pour une école un certain nombre de documents modèles très utilisés et qui posent problème, seulement si les profs s’engagent à désormais produire avec l’outil OOo.
Chapitre 4 : Comment ont réagi les enseignants ?
Bien et pas bien. Ça dépend. Ça se passe mieux au primaire parce que les équipes sont plus petites et plus faciles à rejoindre et à former. Au secondaire, c’est plus long.
Ceux qui reçoivent une formation sont contents. Important : prévoir qu’ils pourront l’installer à la maison tout de suite après la formation (clé USB, DVD, autre ?)
Ceux qui se font imposer cette mesure sans qu’ils en connaissent les réels enjeux croient que c’est de l’économie de bout de chandelle et qu’ils ne "valent pas " 87,27 $ (coût de la licence avec Publisher).
Le portrait actuellement ?
Les écoles où Microsoft est dans la salle des profs : le changement ne se fait pas facilement. Ils reçoivent du .doc, l’ouvrent dans Microsoft, l’éditent et tiguidou, c’est reparti. Les écoles où Microsoft est parti ? Ils rappellent leur CP, demandent un format en. odt et l’obtiennent. Eux, ils changent plus facilement.
Chapitre 5 : Les irritants ?
D’emblée, je vous souligne que si vous faites le changement dans votre CS, vous vous buterez aux problèmes suivants : et moi j’avoue que même si je crois au libre au maximum, surtout dans le cas d’un produit comme celui-ci qui fait vraiment le travail, je suis à bout de souffle. J’ai fait le changement à OOo il y a environ 4 ans et maintenant, je suis perdue dans la suite Microsoft. Nous n’offrons pas de formation sur Word et nous utilisons, dans nos formations, exclusivement la suite OOo. Mais il subsiste toujours un "double langage " qui suscite la schizophrénie. Il provient :
Le Ministère (MELS) envoie aux employés administratifs de ma CS des documents en format Microsoft Office 2007. Ils ne sont pas achalés. Ça nous a coûté, juste ça, fournir Office 2007 aux employés administratifs pour qu’ils soient capables de LIRE les formats du Ministère et nous avons été forcés de le faire : au-delà de 300 000 $ (qui ne va pas dans nos écoles et qui crée un précédent. Si le directeur l’a et que la secrétaire écrit avec cela, devinez qui le demande ??? ET AVEC RAISON). Et après ça, si on était cohérents, de haut en bas, on devrait le payer pour tout le monde... Ce sont quand même des deniers publics qui sont utilisés pour ça et on a un bon produit libre qui fait le travail. Misère ! Utiliser OOo au Ministère, ça fait partie du succès ou de l’échec de ce dossier, ni plus ni moins.
Dans la mesure 30670, une suite bureautique est admissible... laquelle ? Hummm... WordPerfect ? Si elle n’était pas remboursée, on ne serait pas en train d’en parler.
Les directions envoient des documents en format .doc aux enseignants. Il existe un plugiciel qui s’intègre à Microsoft qui permet de sauvegarder un document en format. Odt et d’ouvrir un fichier.odt avec Microsoft (pour les directions d’école). Où trouver ce plugiciel : http://www.sun.com/software/star/od....
Voici un tutoriel qui permet aux directions d’installer le plug-in : http://www.youtube.com/watch?v=Ia3f...
J’ai rencontré une équipe de directions d’une école secondaire ce matin à ce sujet et là-bas, les boss passent au libre. Ils veulent montrer l’exemple. Chouette !
Les CP envoient à nos profs des documents en .doc. Solution ? Nous allons leur installer le même plugiciel qu’aux directions et allons sensibiliser nos CP à faire le passage vers OOo. (Ils trouvent ce passage difficile, s’ils continuent d’envoyer des .doc avec des mises en page épouvantablement complexes, ils vont venir à bout de la patience des profs). Je les rencontre le 23 novembre prochain pour leur expliquer (encore) les motifs de ce choix et l’idée d’adhérer.
Les secrétaires travaillent en étroite collaboration avec les CP et les directions. J’ai l’outil que mon boss utilise et c’est normal. Il utilise Microsoft ? J’utilise la même chose. Nous offrons (mon département) des formations aux secrétaires pour faire le passage vers Oo.
Les maisons d’édition donnent à nos enseignants du matériel complémentaire en format .pdf et le format éditable est en .doc. Je viens de commencer à faire des démarches auprès des maisons d’édition. J’ai besoin de votre aide ! Vous devez faire pression vous aussi auprès des maisons d’édition. Si je suis seule, ça ne va pas changer ! J’ai parlé au représentant de la Chenelière. Il est très ouvert. Il ne savait pas que le format. odt existait ! Il va communiquer l’information à sa direction et j’attends des nouvelles de notre ressource technique pour lui envoyer le plug-in pour Microsoft. Par contre, il pense que nous sommes la seule CS ! Si vous êtes là, appelez vous aussi !
Je vous donne les numéros de téléphone des maisons d’édition :
La Chenelière : 514-273-1066. Le no de poste du représentant en math-sciences au secondaire est le 2127
ERPI : 514-334-2690. Le no de poste de la représentante en math-sciences au secondaire et le 216
CEC : 514-351-6016. Le no de poste de la représentante au secondaire en math-sciences et le 361
Si vous en avez d’autres maisons d’édition qui donnent du matériel en .doc, faites-moi signe, je suis en feu en ce moment. Alors, ils n’ont pas fini avec moi.
Et vous, vous avez fait le passage pour vous-même ?
En résumé, pour que le passage puisse se faire beaucoup plus facilement chez vous, vous devez vous attaquer aux irritants qui vont survenir et obtenir les collaborations qui s’imposent. Nous on s’en est rendu compte à l’usage et on fait les démarches à rebours, à mesure que les problèmes surviennent.
-Service national du RÉCIT à l’éducation préscolaire
À partir de maintenant, le Service national du RÉCIT à l’éducation préscolaire offrira sur son site le format d’Open Office pour toutes ses nouvelles ressources téléchargeables. Également, au cours de l’année, elle ajoutera aux autres ressources existantes ce même format. En espérant que ce petit geste vous aidera dans votre conquête.
Les Présco-girls !
Question Julie Bérubé, Service local C.S. des Phares ; synthèse : Louise Sarrasin
19/11/2009
Réponse à la deuxième partie de la question à propos du filtrage :
- Marc-André Lalande, Service national à la FGA du RÉCIT :
Je considère que les filtres sont condamnés à poser un problème, tôt ou tard, pour toutes sortes de raisons. En voici cinq :
Qui est votre censeur ?
Ça prend quelqu’un pour gérer les filtres : un censeur. S’il s’agit plutôt d’un groupe de personnes, ça prend plus de temps et de deniers publics, mais c’est essentiellement le même problème en bout de course : quelqu’un quelque part décide de ce qui est permis ou non et ces décisions sont, par définition, discutables. À l’origine, j’étais bien d’accord avec les filtres pour les sites « adultes », mais regardez où on en est rendu : YouTube bloqué à tellement d’endroits, les balados ou le contenu « streaming », etc. Tout d’un coup qu’un pédagogue quelque part a de bonnes idées d’exploitation pédagogique de Facebook en FGA (les élèves adultes ont le droit d’avoir un compte) ? J’en ai d’ailleurs pour réseauter les enseignants, mais je ne peux pas m’en servir à cause des filtres présents dans plusieurs cs. On cherche alors des alternatives comme ELGG… Réinventer la roue, vous dites ?
Laws are made to be broken.
Installer des filtres, c’est provoquer les plus futés à essayer de les contourner. Je préfère qu’ils soient en train de vivre des situations d’apprentissage signifiantes.
Filtres vs activités pédagogiques signifiantes.
Les filtres existent supposément pour se prémunir des utilisations non pédagogiques du réseau. Ils servent aussi souvent à contrôler la bande passante. Si le personnel enseignant offre des activités pédagogiques signifiantes aux élèves, il n’y a pas de raisons de croire que les élèves iront perdre leur temps sur Internet, ni gaspiller de la précieuse bande passante. Si on part de la prémisse que tous les enseignants utilisent Internet à des fins pédagogiques pertinentes, il n’y a donc pas de raisons d’imposer de filtres. S’il y a des filtres, est-ce parce qu’on suppose que le personnel enseignant ne fait pas son travail ? Si les élèves cherchent à faire autre chose, c’est peut-être parce qu’on leur offre quelque chose de plate. S’il y avait une chose à bloquer à mon avis, ce serait tous les sites « cucu » de jeux vides (oui, ça ressemble à vidéos, mais je ne crois pas que tous les jeux vidéos soient vides… bien au contraire) du genre « zone jeunesse » de Radio-Canada (exemple : http://www.radio-canada.ca/jeunesse...).
Le filtre sur Internet est un filtre à l’éducation.
Mettre un filtre sur Internet, c’est un peu l’équivalent d’empêcher les dépanneurs voisins de vendre de la gomme. Si l’élève n’est pas censé mâcher de la gomme à l’école ; le prof intervient. Si l’élève consomme ou vend de la drogue ; c’est la police qui intervient. Mais si l’élève regarde une image de fesse sur Internet, où est le prof ? Que fait-il ? Ce n’est pas un problème compliqué à régler, ça. Si le prof circule et observe le travail de ses élèves, il n’y en a pas de problème. Si un prof utilise plutôt les ordis comme activité récompense sans supervision pédagogique, ça c’est un problème que la direction doit aborder avec le prof. Le MELS n’a pas investi des millions en machines pour du Air-hockey sur Radio-Canada, pas plus que de la porno. N’embêtons pas les plus fins pédagogues avec des contraintes conçues pour les plus ordinaires. Le filtre ne devrait jamais servir de substitut à l’éducation.
On bloque de mots, pas du contenu.
Ce n’est effectivement pas plus logique de donner accès à des sites érotiques que d’abonner la bibliothèque de l’école à Playboy. Cela dit, je ne fais pas confiance au censeur et la machine ne regarde pas le contenu ; elle élimine des mots-clés. Dès qu’on ouvre la porte, il semble y avoir de l’abus et on bloque toutes sortes de choses pour les mauvaises raisons. L’idéal, ce serait une absence de filtre sinon que pour les sites de contenu résolument "adultes ".
En bref : le moins de filtres possible, sachant bien que la décision ne nous appartient pas.
Question et synthèse Marc-André Lalande : 17/11/2009