Des élèves montrent la robotique et Scratch à de futurs enseignants

Le 15 décembre dernier, six jeunes élèves du primaire ont initié une quarantaine d’étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) à la robotique et au logiciel de programmation Scratch. Accompagnés par Martine Trudel, leur enseignante de 2e cycle, ils ont relevé ce défi dans le cadre du cours de didactique des sciences donné par Ghislain Samson, professeur au département des Sciences de l’éducation. Danielle Beauséjour, personne-ressource du RÉCIT, a aussi contribué au succès de l’activité en participant de manière active à l’organisation de cette matinée. Une expérience riche en leçons pour tous. Cet article vous raconte cette expérience en photos, en balados et en mots.

Par Louise Sarrasin

Ghislain Samson, professeur à l’UQTR, était vraiment ravi de constater, ce mardi 15 décembre, le vif intérêt de ses étudiantes et étudiants pour la robotique et les activités réalisées à l’aide du logiciel Scracth. Car fait original, ce n’est pas lui qui animait ces activités, mais bien six élèves du primaire sous la supervision de leur enseignante, Martine Trudel. En étroite collaboration avec Danielle Beauséjour du Service local de la C.S. de l’Énergie, M. Samson et Mme Trudel avaient organisé de longue date cette matinée d’apprentissage unique en son genre. Tous avaient hâte de voir comment les enfants, dans leur nouveau rôle de professeur, allaient s’y prendre pour faire expérimenter ces technologies aux futurs enseignants. Pour ce faire, il avait été prévu dans un premier temps de présenter les objectifs de ce cours très particulier à tous les étudiants. Par la suite, ceux-ci avaient à former deux groupes, le premier devant expérimenter la robotique, le second le logiciel Scratch. Au bout de 45 minutes, chaque groupe était appelé à changer de salle pour explorer l’autre technologie avant que tous se retrouvent pour la plénière. Tous les étudiants pouvaient bénéficier des judicieux conseils de l’un des six petits professeurs en herbe : Allyson, Coralie, Dylan, Gabriel, Naomi et Rachel, élèves de deuxième cycle du primaire. C’était parti !

L’activité, d’heure en heure

8 h 30 : Arrivée à l’université des six élèves, de leur enseignante Martine et de son conjoint André, un allié de taille en cette occasion spéciale. À peine les enfants ont-ils déposé leurs manteaux sur les crochets du 2e local qu’ils vérifient déjà si le matériel de robotique fonctionne bien. Une fois rassurés que tout soit prêt, ils vont dans le local principal où les attendent Ghislain Samson et ses étudiants.

8 h 40 : L’universitaire introduit Martine Trudel. Celle-ci invite ses jeunes élèves à se présenter à la quarantaine d’étudiants, 42 jeunes femmes et 3 jeunes hommes… Puis l’enseignante explique au groupe le contexte d’apprentissage dans lequel elle réalise ces activités en classe. Dans ce PowerPoint, elle précise, à l’aide d’exemples, la place que la science et la technologie occupent dans son enseignement. Pendant ce temps, les enfants retournent dans le 2e local pour procéder à l’installation des portables et des ensembles de robotique avec le soutien attentif de Danielle Beauséjour. En peu de temps, tout est prêt !

9 h 00 : Puis on passe à la phase d’expérimentation. Gabriel, Naomi et Rachel font une démonstration du logiciel de programmation Scratch à la moitié du groupe d’étudiants restés dans le local. Martine Trudel encourage ses élèves d’un regard. Ils font cela comme des pros. Assis à l’arrière, Ghislain Samson est en mesure de constater que ses étudiants sont suspendus aux lèvres de leurs jeunes maîtres. Dans l’autre local, Allyson, Coralie et Dylan, tout aussi compétents que leurs pairs, montrent leur robot à l’autre groupe d’étudiants. Ils leur expliquent comment ils ont procédé pour le fabriquer, soutenus par Danielle Beauséjour qui les aide à peaufiner leurs explications.

9 h 45 : Après 45 minutes d’expérimentation de la robotique ou du logiciel Scratch, chaque groupe d’étudiants change de local pour expérimenter l’autre technologie. Durant tout le temps que dure l’expérimentation, ils peuvent faire appel aux enfants, les petits experts de la journée. Ceux-ci circulent dans les allées à l’affût de leurs questions ou de leur besoin d’aide. Ils se sentent importants.

10 h 30 : Pause de 20 minutes pour les étudiants. Fiers de leur performance, les enfants rangent le matériel avec quelques étudiants volontaires. 10 h 50 Retour en salle de cours. Courte plénière et période de questions aux élèves –professeurs.

11 h 00 : Les enfants dînent à la cafétéria avec Martine Trudel et son conjoint André. Pendant ce temps, Danielle Beauséjour présente les nombreuses ressources et le site du Service local de la C.S. de l’Énergie aux étudiants. Le site central du RÉCIT, recit.qc.ca est également mis en vedette. Ce seront autant de références utiles pour les futurs enseignants.

11 h 30 : Fin de l’activité. Les étudiants applaudissent chaleureusement les élèves qui, tout sourire, reçoivent ces hommages bien mérités. À coup sûr, ils viennent de faire monter leur estime personnelle d’un cran. Fatigués, mais heureux et satisfaits, ils repartent à leur école avec leur enseignante. La matinée a été instructive pour tous et surtout très valorisante pour les enfants.

Une activité riche d’enseignements pour les étudiants de l’UQTR

En invitant Martine Trudel à venir avec ses élèves dans son cours pour qu’ils animent des activités de robotique et de programmation Scratch, Ghislain Samson désirait démontrer à ses étudiants que les technologies ont un rôle à jouer dans l’apprentissage des sciences. Il était aussi soucieux que cette expérience soit significative pour eux et qu’elle les inspire dans leur façon d’enseigner. Il voulait également permettre à ses étudiants de prendre le pouls d’une classe. Et qui était mieux placé que ces jeunes enfants pour les placer dans la réalité scolaire ? À en juger par la réaction très enthousiaste des étudiants ce jour-là, le professeur universitaire a atteint son but. Ceux-ci ont vite été séduits par l’habileté des six enfants à maîtriser des technologies que plusieurs d’entre eux ne connaissaient pas. Ils ont pu faire plusieurs autres constats importants. Par exemple, que l’on peut toujours apprendre d’un plus petit que soi. Une leçon à retenir lorsque sera venu le temps pour chacun de ces futurs enseignants de permettre à ses élèves d’utiliser une technologie en classe même s’il ne la connaît pas à fond. Autre leçon à tirer de l’expérience : il est important de mettre en valeur les forces de chaque élève. Ainsi, les enfants qui sont venus exposer leur savoir ce matin-là à l’université n’étaient pas nécessairement ceux qui avaient les meilleures notes en classe. Ils étaient ceux qui avaient fait preuve de détermination dans leur projet de robotique.

Une autre évidence qui est ressortie de l’expérience : la science et la technologie sont une excellente porte d’entrée pour stimuler les élèves, les motiver et leur faire réaliser de nombreux apprentissages. Il n’y avait qu’à regarder la façon inspirante dont Martine Trudel procède avec ses élèves pour s’en convaincre. Pour cette enseignante passionnée, tout passe par la science, car la science, c’est la vie. Par ailleurs, elle sait intégrer avec aisance différentes disciplines dans les situations d’enseignement et d’apprentissage qu’elle crée. Par exemple, elle invite ses élèves à écrire des contes scientifiques pour qu’ils puissent mieux comprendre et expliquer certains concepts. Il est aussi très important pour cette enseignante de les aider à développer leurs compétences à exploiter l’information et à traiter des situations complexes. Elle fait une grande place à la technologie en mettant sur pied des activités qui leur donnent l’occasion de concevoir, assembler et programmer un robot capable d’accomplir des tâches particulières ou d’utiliser la programmation de Scratch. Une façon stimulante et dynamique d’illustrer les concepts scientifiques et de permettre aux enfants de s’en faire une représentation mentale. Elle s’assure également que les enfants développent leur rigueur scientifique en favorisant le questionnement avec eux. Tout comme elle les amène à faire une recherche documentaire contextualisée dans des projets ayant un sens pour eux. Enfin chose importante : elle voit sa classe comme une communauté d’apprentissage dont elle fait partie. Sa gestion de classe est basée sur cette approche. Tous travaillent à l’unisson, elle y comprit, pour réaliser une tâche ou atteindre un but. Une manière très fructueuse d’accéder à la réussite.

Des témoignages à la suite de l’activité

Durant l’activité, plusieurs participants, petits et grands, ont accepté de partager leurs commentaires et réactions. Pour écouter ce que chacun avait à dire sur l’expérience, vous n’avez qu’à cliquer sur le lien de chaque balado. Voici un résumé du contenu de chaque balado :

  • Balado de Martine Trudel, enseignante de deuxième cycle du primaire. Dans ce balado, Mme Trudel, enseignante de deuxième cycle au primaire décrit comment elle essaie de proposer des activités scientifiques stimulantes à réaliser à l’aide des TIC pour accrocher ses garçons, faire vivre des succès à ses élèves plus faibles et les stimuler, nourrir ses élèves plus forts. Car pour elle, la science est le lieu privilégié pour décrire et expliquer le monde.
  • Balado de Ghislain Samson, professeur au département des Sciences de l’éducation à l’UQTR. Dans ce balado, M. Samson explique la place qu’occupent les TIC à l’heure actuelle dans la formation des futurs enseignants. Il précise dans ce balado pourquoi il a eu l’idée d’inviter Martine et ses élèves à venir montrer la robotique à ses étudiants de 2e année. Il ajoute que même si l’activité nécessite une grosse organisation, elle est intéressante à faire vivre aux étudiantes, car ceux-ci aiment beaucoup entendre ceux qui oeuvrent en classe. Enfin, M. Samson souligne l’importance de voir la technologie de manière transversale.
  • Balado de Marianne Asselin et d’une autre étudiante. Dans celui-ci, elles témoignent de la façon dont elles ont vécu l’activité avec les jeunes élèves de Martine Trudel. Elles se montrent très impressionnées par la façon dont les enfants expliquent le fonctionnement de la robotique et de Scratch dans leurs mots d’enfant. D’ailleurs, elles entendent bien utiliser ces technologies en classe dans le futur.
  • Balado des réactions des enfants. Dans ce balado, les enfants résument leur matinée en quelques mots. Ils expliquent dans le balado qu’ils ont aimé l’expérience même s’ils étaient gênés au début. Comme le dit si bien un de ces enfants : il faut aller jusqu’au bout…
  • Balado des explications données par les enfants. Dans ce balado, on peut constater avec quel sérieux les élèves jouent leur rôle de professeur. Ils savent utiliser des mots précis pour expliquer la robotique et le logiciel Scratch aux étudiants.

Des ressources du RÉCIT pour les futurs enseignants

En tant que personne-ressource du Service local RÉCIT de la Commission scolaire de l’Énergie, Danielle Beauséjour forme et accompagne quotidiennement de nombreux enseignants dans l’intégration des TIC à des fins éducatives. Mener en collaboration avec ses collègues des activités comme celle-ci la ravit, car elle illustre de façon éloquente ce qu’il est possible de faire en classe pour aider les élèves à développer leur compétence TIC. S’adresser à de futurs enseignants à travers des activités de cette nature lui donne aussi l’occasion de présenter tout ce que le RÉCIT a à leur offrir. C’est aussi une façon intéressante de contribuer à leur formation. Sans compter que la présence d’élèves dans un cours universitaire rappelle aux étudiants la raison d’être du métier qu’ils ont choisi : celui d’éduquer des enfants en leur offrant le meilleur contexte d’apprentissage qui soit.

Album photos de l’activité

Voici un album photos de l’activité en format diaporama PPS et en format PDF. Il vous suffit de cliquer sur le format de votre choix pour accéder au document.

Les photos ont également été déposées dans l’album du RÉCIT sous le titre : Activité UQTR.

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