Toutes voiles devant !

La rencontre nationale de l’automne du RÉCIT vient de prendre fin à Duchesnay, un endroit enchanteur pour parler d’une pédagogie qui intègre les TIC. Alors que la rencontre printanière avait axé sa réflexion collective sur les mandats du RÉCIT, celle de l’automne a ciblé le perfectionnement des participants. À l’ordre du jour, deux thématiques qui ont le vent dans les voiles : la syndication (le mode de fonctionnement du gestionnaire de contenu SPIP) et l’école en réseau. Retour sur cette rencontre qui se voulait unificatrice.

Est-ce le lac qui s’impose ici avec majesté qui m’inspire cette image ? Toujours est-il que j’ai l’impression que les animateurs du RÉCIT, anciens comme nouveaux, vont voguer dans la même direction, toutes voiles devant, durant les prochains jours. Le baromètre de mes impressions ? La curiosité des participants devant les deux principales thématiques de la rencontre de même que l’intérêt pour les ateliers orientés vers l’appropriation du gestionnaire de contenu SPIP et les autres sujets. À l’horizon se profilent les possibilités que ces moyens offrent à tout un chacun de travailler sur la base d’une plus grande concertation, un impératif pour un réseau comme le RÉCIT.

À l’ouverture de la rencontre automnale du RÉCIT, le sourire est sur toutes les lèvres des participants. Et pour cause ! Alors que le soleil irradie les montagnes très colorées de la région, la température estivale en octobre vient chauffer à bloc l’énergie des gens. On se réjouit en chœur de ce pied de nez que l’été fait à l’automne. Un climat parfait pour la rencontre semestrielle, lieu de ressourcement et de formation pour le RÉCIT.

Le gouvernail bien en main, le comité de liaison a tracé une carte de navigation en offrant aux participants divers ateliers sur les thématiques et sujets choisis pour cette session. Plutôt que de naviguer à vue, il leur propose de se doter d’une boussole et d’outils efficaces. C’est ainsi que le comité, dans le mot de bienvenue du document de la rencontre, invite les personnes-ressources du RÉCIT à s’entraider, à échanger et à collaborer entre services nationaux et locaux. Tout cela dans un but commun : aider le personnel enseignant à adopter les outils de base de la société du savoir, les TIC, avec un maximum d’efficacité. Il reste à savoir si les participants vont embarquer dans le bateau...

Le départ : on largue les amarres !
Monter sur un navire comme le RÉCIT est une aventure qui requiert du temps, de l’ingéniosité, de la débrouillardise et de la coopération. Le défi est de taille pour l’aventurier, car on attend de lui qu’il aide ses collègues à s’approprier les TIC et à les intégrer dans leur enseignement, tout cela avec les moyens du bord. Je comprends en écoutant les participants que certaines commissions scolaires sont à l’avant-garde. Elles leur fournissent tout le support dont ils ont besoin pour mener leurs projets à bon port. D’autres cependant obligent les animateurs du RÉCIT à faire des pirouettes en leur offrant des tâches réduites, en donnant une définition floue de leur mandat, etc. Pourtant, ces derniers ont à relever les mêmes défis que les autres. Sans cet enthousiasme débordant qui les caractérise et sans la collaboration de leurs pairs, il est fort à parier qu’ils auraient depuis longtemps jeté l’ancre pour ne plus la relever. Malgré les difficultés, ils sont là, car ils croient avant tout à l’importance des TIC pour la société du savoir. Ils viennent chercher des idées, mais aussi de la compréhension et de l’appui de la part de leurs collègues.

Les voilà donc tous prêts à entamer la session. Comme dans toute rencontre du RÉCIT digne de ce nom, les gens sont installés confortablement autour d’une table ronde, leur portable bien branché. Près de moi se trouve une nouvelle recrue, dotée d’un crayon et de feuilles de papier. Elle constate vite qu’ils sont peu nombreux à être venus sans ordinateur. En fait, comme bien des nouveaux, la jeune femme ne devait pas savoir que tout est mis en œuvre ici pour que l’ordinateur soit opérationnel. Quel que soit le lieu de l’atelier ou de la plénière, les gens ont accès à Internet. La prochaine fois, parions qu’elle apportera son portable...

Un conférencier devant un auditoire branché...
Avant de convier les participants à se répartir dans les ateliers pour débattre des sujets proposés, on les invite à entendre le conférencier, M. Gilles Bergevin, sous-ministre adjoint à l’éducation préscolaire, à l’enseignement primaire et secondaire au MELS. Pas facile, ai-je tout de suite pensé, de prendre la parole devant un auditoire ainsi branché. Beaucoup rétorqueront qu’il en va ainsi dans une salle de classe : on ne sait pas si les élèves écoutent ou non le prof qui parle devant eux. N’empêche qu’un air lunatique se décode mieux qu’un visage concentré sur un écran d’ordinateur. Essayons d’imaginer un instant un enseignant dans la même situation qui aurait à deviner lesquels parmi ses élèves l’écoutent avec attention, clavardent avec leurs amis ou naviguent sur le Web...Notre conférencier n’apparaît pourtant pas dérouté par la situation... Il doit se dire que cette réalité est dorénavant chose courante dans la vie des gens branchés. Notre vie est façonnée par les nouvelles technologies de la communication. J’en conviens, il est important de s’adapter.

D’emblée, M. Bergevin exprime son enthousiasme envers le RÉCIT, qu’il qualifie de découverte heureuse. Il dit également avoir découvert la force de son réseau et estime que l’arrimage des objectifs du RÉCIT avec ceux du Programme de formation est facile à réaliser. L’essence de son message : « pour être en adéquation avec les défis du XXIe siècle, il faut se renouveler, s’adapter pour faire face aux nouveaux défis (entre autres, la baisse de la démographie conjuguée avec une faible densité de population). Un message teinté d’humour, qui semble bien reçu par l’assemblée. Parlant d’assemblée, certains s’activent déjà sur leur clavier pour rédiger les commentaires qui leur viennent à l’esprit en écoutant les propos de l’orateur. Vraiment, on est ici en présence d’un auditoire pas comme les autres. La conférence s’achève sur une promesse de M. Bergevin : faire entendre la voix du RÉCIT au ministre. Une voix qui, espèrent les participants, s’accompagnera de propositions concrètes, entre autres de financement.

Un parcours parfois complexe...
Toutes voiles devant, disais-je en avant-propos, les animateurs du RÉCIT ont le souci d’avancer dans la même direction. En ce sens, l’idée d’offrir une formation sur le gestionnaire de contenus SPIP apparaît être un choix judicieux. C’est en partageant des idées et des contenus que le réseau du RÉCIT pourra à la fois continuer de se développer et se renforcer. À n’en pas douter, cet outil peut être rassembleur, à condition de le maîtriser. Voici le défi des animateurs de la rencontre : répondre aux besoins de formation d’un groupe hétéroclite de participants qui ont chacun une connaissance plus ou moins approfondie de l’outil. Admettons-le, le défi est de taille quand on dispose d’une seule journée de formation.

À cet instant précis, je ne peux m’empêcher de faire une analogie entre le logiciel SPIP et le SPI, cette petite voile d’avant, triangulaire, légère, qui sert à accroître la vitesse du voilier. Deux outils qui permettent d’avancer plus vite. Deux outils qu’il faut apprendre à manier. En voyant certaines personnes grincer des dents, lorsqu’elles ont essayé de comprendre les subtilités des mots-clés, de la syndication et des agrégateurs, je me suis fait la réflexion qu’il faut parfois ralentir la cadence. Trouver la bonne vitesse de croisière, quand on offre de la formation, est un des nombreux défis des animateurs du RÉCIT. Est-ce que l’on va trop vite ? Trop lentement ? Quels nœuds sont à délier ? À lier ? L’outil suggéré saura-t-il rallier les enseignants ? Ce jour-là, j’ai perçu que certains des participants aux ateliers sentaient qu’ils étaient en train de manquer le bateau. D’autres, au contraire, jubilaient devant les nouveaux apprentissages. Il serait difficile qu’il en soit autrement puisque le RÉCIT, c’est un réseau de personnes venant des quatre coins du Québec qui œuvrent dans des conditions différentes et qui ont des compétences TIC à géométrie variable. Toutefois, il faudra rester attentif à cet aspect au cours des prochains mois.

Le RÉCIT entend également se doter d’une équipe de rédacteurs au cours des prochains mois. D’où l’idée de donner un atelier sur la rédaction de contenus. Curieusement, plusieurs ont boudé l’atelier ne se sentant pas concernés par le sujet. Certains y ont atterri par la force des choses. Pourtant, après avoir assisté à l’atelier, du reste fort bien structuré, ils ont pu démystifier l’écriture journalistique et prendre connaissance des rudiments du métier. Si bien que quelques-uns ont proposé leur participation à la première équipe de rédaction. C’est un pas en avant vers une prise d’une parole commune de la part des RÉCIT locaux et nationaux. Tout cela ne manquera pas d’alimenter la réflexion sur le type de direction que le RÉCIT entend exercer à l’avenir. À suivre...

En conclusion...
On dit souvent que le capitaine est seul maître à bord. Au RÉCIT, le mandat de développer une culture de réseau nécessite plutôt de former une cohorte solide qui ramera ensemble. Les membres du RÉCIT ont exprimé tout au long de la rencontre le besoin d’avoir l’appui des principaux acteurs du milieu de l’éducation. Ils ne désirent pas naviguer seuls sur les eaux des nouvelles technologies. Que ce soit au cours de cette rencontre ou de celle du printemps, j’ai senti chez plusieurs le désir de faire connaître leurs réalisations, mais également de faire entendre haut et fort leurs revendications. Hissez les voiles avec nous, retroussez-vous les manches pour faciliter l’intégration des TIC en classe et donnez-nous les moyens de bâtir un RÉCIT solide, tel est l’essence de ce message entendu à maintes reprises de la part des participants. La rencontre, appréciée par l’ensemble des participants, s’est terminée dans l’enthousiasme, la bonne humeur et l’espoir que le RÉCIT soit reconnu comme un partenaire incontournable dans le milieu éducatif, un partenaire qui expérimente le travail en réseau dicté par une société du savoir en émergence.