20 Avril 2018

Jamais trop tard...

Lire l’article original publié par l’École branchée le 19 avril.

Photo : Atelier sur la réalité virtuelle au Sommet de l’iPad et du numérique en éducation 2017

D’ici la fin de l’année scolaire, se tiendront quelques évènements favorisant le développement professionnel en éducation et l’intégration du numérique dans les pratiques :

Est-il trop tard pour s’inscrire? La réponse est non dans la plupart des cas. Jusqu’à la dernière minute, on acceptera votre inscription. Toutefois, plusieurs questions restent en suspens :

  • Je n’ai pas de budget pour y participer, alors comment payer ces frais?
  • J’ai déjà participé à un colloque cette année, ai-je le droit à un 2e évènement?
  • Je n’ai droit qu’à une activité de ce genre aux deux ans, alors impossible d’en ajouter une autre!
  • Je n’ai que très peu de technologies dans ma classe, alors qu’est-ce que ça va m’apporter?
  • Je ne suis pas assez avancé dans l’utilisation du numérique, je me sentirais perdu!

Et ainsi de suite…

Je pourrais vous dire que c’est justement le bon moment de l’année pour tenter votre chance. En effet, votre direction d’établissement a peut-être géré son budget prudemment et il lui reste peut-être justement ce qu’il faut pour que vous participiez, mais est-ce que cela la convaincra ? Peut-être pas.

Je pourrais vous dire qu’au fond, votre direction a peut-être besoin de bons arguments et qu’elle trouvera le moyen de vous libérer et de payer votre inscription et vos frais. Que ce qui compte, c’est de mettre en évidence votre désir de vous mettre à jour, d’offrir à vos élèves les pratiques novatrices les plus efficaces et inspirantes. Que certains évènements comme le Sommet du numérique en éducation ou l’ACFAS permettent la rencontre de praticiens et de scientifiques, chose assez rare. Que cela permet d’influencer à la fois les pratiques et la recherche. Que vous pourrez faire rayonner vos découvertes auprès de vos collègues, mais surtout en faire bénéficier vos élèves. Peut-être cela fonctionnera-t-il, peut-être pas.

Je pourrais vous dire que je connais des enseignants qui, chaque année, usent d’astuces les plus ingénieuses les unes que les autres et se débrouillent pour participer à des formations toutes l’année, malheureusement parfois même à leurs frais, mais ce serait odieux de ma part de vous inciter à suivre leurs pas.

Je pourrais vous dire que la formation continue ne devrait pas être une option. Iriez-vous vous faire soigner par un médecin qui ne s’est pas mis à jour depuis 5 ans ou plus? Non, alors pourquoi serait-ce différent en éducation? Je ne crois pas à l’efficacité d’un discours moralisateur. Je ne crois pas que ce soit motivant et que cela vous incite à aller de l’avant.

Je pourrais vous dire que le ministre de l’Éducation annonce depuis un an, et il le répète fréquemment, qu’il va lancer son Plan d’action numérique en éducation et en Enseignement supérieur pour tout le Québec, que nos écoles pourront prendre le virage numérique et que nous avons tout avantage à nous y préparer. Et ce, peu importe notre niveau d’avancement dans l’intégration du numérique en classe. Encore une fois, tout cela n’est que rationnel.

Au fond, ce que j’aimerais vous dire, c’est que je comprends toutes les contraintes auxquelles une enseignante ou un enseignant est confronté toute l’année, au quotidien, depuis des années. Je comprends que cela parfois nous paralyse, nous démotive, nous amène à choisir un peu de confort pour compenser toutes ces difficultés. Cela nous amène parfois à trouver des tas de raisons pour ne pas nous engager dans notre propre formation continue parce qu’au fond, c’est peut-être un peu déstabilisant, c’est parfois difficile d’admettre que ce que l’on fait d’une manière depuis des années pourrait être fait autrement ou même mieux. Je comprends cela.

Ce que je peux témoigner, c’est le privilège que j’ai de cotoyer des enseignants dans différents évènements comme le Sommet du numérique en éducation et, chaque fois, je rencontre des personnes dont l’étincelle s’est allumée à un moment ou à un autre. Tiens, au colloque de l’AQUOPS en mars dernier, j’ai rencontré Sylvia qui participait à mon atelier au dernier bloc du colloque. Sur 30 inscriptions, seulement une dizaine de participants se sont présentés. J’étais un peu découragé, étant déçu d’animer dans cette case horaire. Au début, Sylvia exprime comme attente qu’elle souhaite que l’atelier ne se tienne pas jusqu’à la dernière minute étant donné que nous étions à la veille d’un long congé, ai-je présumé. Une brique de plus. Mais… je crois que je m’étais trompé. En effet, pendant la formation, Sylvia a découvert des situations d’apprentissage que d’autres enseignants avaient expérimentés et j’ai vu l’étincelle s’allumer dans ses yeux, c’était merveilleux! Elle m’a même dit à un moment « J’espère que l’atelier va durer jusqu’à la dernière minute! » Wow! Là, c’est l’étincelle dans MES yeux qui s’est allumée! Merci Sylvia!

Il n’est jamais trop tard… pour rallumer l’étincelle dans nos yeux!

Benoit Petit @petitbenoit

Conseiller pédagogique, Service national du RÉCIT – Domaine du développement de la personne

 

 

 

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